historyofviolence

Arrêt de métro (Sans soucis). Elle monte.

Elle m’interpelle tout de suite. Mignonne, bien maquillé, bien coiffée, lèvres pulpeuses. Mini short, collants, et des belles jambes. La classe. Je jette un regard, discret, j’approuve mentalement, et puis je passe à autre chose, je dois me rendre ailleurs, je finis le chapitre de mon bouquin…

Arrêt de métro (Garibaldi). Ils montent.

Comme moi, ils l’ont remarqué de suite. Rire gras, sifflement approbateurs. Ils se marrent entre eux, font des commentaires, comme des gros porcs, mais ils restent à l’écart. Petits cons. Puis le plus couilloux (désormais le connard majeur) se met bien face à elle de l’autre côté de la rame, baisse ses lunettes de soleil un peu plus bas sur son nez (je vous rappelle qu’on est dans la métro, pas beaucoup de UV) pour mieux la regarder et lui faire comprendre.”Je te vois” il lui dit. Elle se tourne vers la porte, dos à leur nullité, face à son propre reflet, bien cachée derrière ses écouteurs.

Saxe Gambetta. Guillotière. Bellecour. Enfin.

Son calvaire aura durée quelques minutes d’éternité. On arrive sur le quai, elle se prépare à sortir, je me lève le plus vite possible. Trop tard, le mec est déjà derrière elle. Lui et sa clique. Si près qu’elle doit sentir son souffle sur sa nuque. Connard majeur ne bouge pas, ne parle pas, se contente d’être là à faire sentir sa présence. Connard mineur lui touche l’épaule. Une fois. Deux fois.
Je cherche un déclencheur, des mouvements (déjà trop) déplacés, quelque choses qui justifiera une défense. “C’est bon, mec, laisse la tranquille” j’ai envie de dire. Mais je ne dis rien alors que je sais que les bornes ont été dépassés depuis longtemps. Mais surtout, ils sont 6, j’ai peur et je ne sais pas à quel point ça vaut la peine de se faire refaire la gueule pour une histoire de manque de respect. Manque de couilles, bonjour.
“T’as un problème?” dit elle enfin. Elle se veut ferme mais dans sa voix je sens déjà un léger tremblement, et dans ses yeux, l’impuissance. “C’est pas moi, c’est lui” dit Connard Majeur, balançant connard mineur. Mais quel bande d’abrutis…

Les portes souvent enfin, elle sort vite, très vite. Ils la regardent s’éloigner entre rires gras et autres joyeusetés fleuries. Et partent finalement, content d’eux. “Elle était bonne, hein” ils se disent.

Mon premier verre ce soir là eu vraiment un gout de merde.

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Sinon prochaine fois, un peu de bonne humeur, il parait que c’est le printemps!

(cc. photo 3dens)

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